obs·

LES COMPTES DES PARTIS POLITIQUES PUBLIÉS AU

L'état du
financement politique.

Tous les chiffres officiels de l'avis CNCCFP publié au Journal officiel du 10 février 2026. Une lecture macro pour comprendre combien d'argent circule, d'où il vient, et comment la régulation de la vie politique évolue depuis 2018.

En quatre chiffres.

Les agrégats de référence de l'exercice 2024 sur l'ensemble des partis politiques français.

Partis tenus de déposer

635

dont 41 éligibles à l'aide publique

Comptes déposés

575

9.4 % d'absence de dépôt, en baisse continue depuis 2017

Aide publique versée

66,4 M €

32,3 M € 1ʳᵉ + 34,2 M € 2ⁿᵈᵉ fraction

Sanctions prononcées

104

42 signalements au procureur (en baisse)

Mise en garde de la CNCCFP

« Les reversements de fonds entre partis politiques sont nombreux, parfois en cascade et peuvent porter sur des montants importants. Ces transferts ne sont pas neutralisés dans les données comptables présentées. Cela conduit à majorer le total des produits et/ou charges et affecter l'analyse que l'on peut faire des évolutions d'une année à l'autre. »

Avis CNCCFP exercice 2024, section III · introductionVoir l'avis officiel

Évolution macro

Charges et produits, 2019 → 2024.

Les agrégats cumulés sur l'ensemble des partis certifiés. Pic électoral en 2022 (présidentielle + législatives), creux en 2020 (Covid), reprise en 2024 (européennes + législatives anticipées).

Total produitsTotal charges

Structure des recettes 2024

D'où vient l'argent des partis, en moyenne.

Répartition moyenne sur les 569 partis avec comptes certifiés en 2024. Un parti dont l'aide publique dépasse 70 % de ses recettes est très dépendant de l'État.

Détail par poste

  • Financements publics33.8 %(70,4 M €)

    Moyenne par parti : 123,8 k €

  • Autres produits courants27.7 %(57,9 M €)

    Moyenne par parti : 101,7 k €

  • Cotisations adhérents11.3 %(23,6 M €)

    Moyenne par parti : 41,5 k €

  • Dons personnes physiques14.5 %(30,2 M €)

    Moyenne par parti : 53,1 k €

  • Contributions élus9.2 %(19,1 M €)

    Moyenne par parti : 33,6 k €

Résultats 2024

280 déficitaires, 284 excédentaires.

Sur les 569 partis certifiés. La répartition est presque parfaitement symétrique — la vie politique française fonctionne globalement à l'équilibre, avec une légère sur-représentation des excédents.

Excédentaires

284

50 % des partis certifiés

Déficitaires

280

Déficit moyen 52,5 k € · 204 ont un déficit ≤ 10 k€

À l'équilibre

5

Résultat d'exercice nul

Les seuils à connaître

Les chiffres-pivots de la régulation.

Quatre seuils légaux structurent tout le système : ils déterminent qui peut donner combien, qui bénéficie d'une réduction d'impôt, et quand un parti doit faire certifier ses comptes par deux commissaires.

7 500 €

Dons + cotisations max

Par personne physique et par an, tous partis confondus. Cotisations comprises.

Loi 11 mars 1988, art. 11-4

15 000 €

Plafond réduction d'impôt 66 %

Par foyer fiscal et par an. La réduction d'impôt sur les dons aux partis politiques est plafonnée à 20 % du revenu imposable.

CGI art. 200, 3

230 000 €

Seuil double commissaire

Au-dessus de ce seuil de produits annuels (hors exceptionnels), un parti doit nommer deux commissaires aux comptes.

Loi 11 mars 1988, art. 11-7

5 ans

Prêts personnes physiques

Durée maximale d'un prêt d'une personne physique à un parti. Si taux préférentiel : 24 mois et 15 000 € maximum.

Loi 11 mars 1988, art. 11-3-1

Régime de sanction

Ce que perd un parti sanctionné.

La CNCCFP suit depuis 2022 une grille indicative qui module la durée selon la récidive. Les conséquences sont cumulables : perte du droit à la réduction d'impôt pour les donateurs, perte de l'aide publique, interdiction de financer une campagne.

1ʳᵉ infraction

1 an de privation de l'avantage fiscal (art. 200 CGI) en principe

Cas couverts : Absence de dépôt, dépôt hors délai, absence de certification, non-respect du règlement comptable

2ᵉ ou 3ᵉ manquement sur plusieurs exercices consécutifs

Jusqu'à 3 ans de privation, modulable au cas par cas

Cas couverts : Récidive ou aggravation du motif initial

Les 5 conséquences cumulables d'une sanction

  • Perte du droit à la réduction d'impôt 66 % pour les donateurs (art. 200 CGI)
  • Perte du bénéfice de l'aide publique pour les partis éligibles
  • Interdiction de financer une campagne électorale ou un autre parti politique
  • Pas de dispense du contrôle de la Cour des comptes (pour les bénéficiaires d'aide publique)
  • Possibles sanctions pénales à l'encontre des dirigeants (art. 11-9, loi 11 mars 1988)

1 an

33

dont 3 avec perte aide publique

2 ans

20

3 ans

29

Récidive

Sans suite

22

18 dissous · 4 circonstances

Total : 104 partis sanctionnés pour non-respect des obligations légales en 2024.

Tendances

La conformité s'améliore d'année en année.

Le pourcentage de comptes corrigés après procédure contradictoire baisse continuement (24.9 % en 2018 → 13.5 % en 2024). Les signalements au procureur ont presque été divisés par deux sur la même période (79 en 2018 → 42 en 2024).

% de comptes corrigés après procédure

Signalements au procureur

Comprendre les mécanismes

Quatre choses essentielles à savoir.

Mécanisme

L'aide publique se compose de deux fractions

La 1ʳᵉ fraction (32,25 M€ en 2024) est calculée à partir des résultats au 1er tour des dernières législatives. La 2ⁿᵈᵉ fraction (34,19 M€) est répartie proportionnellement au nombre de parlementaires qui se sont rattachés au parti en décembre.

Source : Avis CNCCFP 2024, section I-A · II-B

Cadre juridique

Combien je peux donner à un parti politique ?

7 500 € maximum par an et par personne physique, tous partis politiques confondus. Cotisations comprises (sauf contributions d'élus, sans plafond). La CNCCFP vérifie le respect de ce plafond chaque année.

Source : Loi 11 mars 1988, art. 11-4

Cadre juridique

Réduction d'impôt de 66 % sur vos dons

Tout don ou cotisation à un parti politique habilité ouvre droit à une réduction d'impôt sur le revenu de 66 %, dans la double limite de 15 000 € par an par foyer fiscal et de 20 % du revenu imposable applicable à l'ensemble des dons. C'est un financement indirect de la vie politique par l'État.

Source : CGI art. 200, 3

Cadre juridique

Périmètre comptable : les fédérations comptent aussi

Depuis 2018, les comptes annuels doivent inclure les organisations territoriales (fédérations, sections) et toutes les entités dans lesquelles le parti détient au moins la moitié du capital ou exerce un pouvoir prépondérant. 91 % des partis n'intègrent que leur mandataire. Le PS intègre 2 311 entités, record absolu.

Source : Avis CNCCFP 2024, section II-B · Décret 2017-1795

Source primaire

Tous les chiffres de cette page proviennent de l'avis officiel CNCCFP publié au Journal officiel du 10 février 2026, après délibération de la Commission en sa séance du 18 décembre 2025.

L'avis présente les données générales issues des comptes déposés au titre de l'exercice 2024. Il est consultable en intégralité au format PDF dans nos sources versionnées.